Le Babouin

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Documentation médicale

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mercredi 12 novembre 2008

Source EAHIL : les derniers numéros de deux revues du domaine de la documentation médicale

Information provenant de la liste de diffusion EAHIL. Annonce de la parution du dernier numéro de la revue de l'association EAHIL (Association for Health Information and Libaries) :

http://www.eahil.net/journal/

Et publication du numéro spécial du 25 ème anniversaire de la revue "Health Information & Libraries Journal" en libre accès sur le site Wiley :

http://www3.interscience.wiley.com/journal/120118368/grouphome/home.html

vendredi 31 octobre 2008

Actualités du RNDH


En ligne, sur le site du Réseau National des Documentalistes Hospitaliers :

Leur dernier bulletin d'information en date, La Feuille du RNDH

Les résumés et présentations en PDF des 21èmes journées annuelles

mardi 28 octobre 2008

Le métier vu par le Réseau National des Documentalistes Hospitaliers : Enfin des réactions...

Il est vrai que le débat sur le métier comme l'avait déjà dit l'un des lecteurs de ce blogue est un peu lassant, au moins pour ceux de nos lecteurs qui ne recherchent pas les "impact factors", une belle suédoise ou encore des babouins ou des schtroumpfs...

On va donc essayer de faire court. Deux articles récents dont notre tribune ouverte dans Archimag ont fait réagir les membres ou représentants du RNDH. Le premier article de Dominique Carnel intitulé "Cadre formateur et recherche documentaire sur internet" du numéro d'août-sept 2008 d'Objectifs Soins omet totalement de citer le travail et le rôle des documentalistes alors qu'ils devraient être en principe partie prenante dans la formation et l'assistance à la recherche documentaire sur Internet. Oubli volontaire, oubli involontaire, signe d'une méconnaissance du métier : nombre de questions peuvent se poser. Susciter un questionnement était aussi le but de notre tribune ouverte. En guise de réaction à cette tribune sont simplement listées par Armelle Martin, présidente du RNDH, les tâches classiques d'un bibliothécaire ou d'un documentaliste médical. Cette réponse sous forme de catalogue des actions susceptibles d'être menées par un bibliothécaire médical ne suscite pas de questionnements, de véritable remise en question de la réalité de ce métier, il ne faut pas alors s'étonner d'une absence de reconnaissance en France, qu'elle soit le fait du ministère (pour la question des statuts), des directions d'établissements hospitaliers, ou encore des médecins.

Dire aujourd'hui, dans notre pays, que les bibliothécaires et documentalistes médicaux sont des "médiateurs indispensables pour l'infodoc à l'hôpital" est-ce encore suffisant ? A quand, s'il n'a pas déjà paru, le prochain article sur la recherche documentaire, la documentation médicale, l'information au patient qui fera l'impasse une fois de plus sur le rôle du documentaliste ?

mercredi 22 octobre 2008

"Diseases of the Colon and Rectum" en transit...

Le titre "Diseases of the Colon & Rectum" qui était passé, il y a 4 ans de Lippincott, Williams & Wilkins à Springer Verlag est en passe de redevenir en 2009 un titre Lippincott et donc accessible en version électronique, pour les institutions, uniquement chez OVID.

mardi 7 octobre 2008

XXI èmes Journées du RNDH, "Nihil novi sub sole"

Un petit mot sur les dernières (oui, peut-être les dernières pour moi) journées du Réseau National des Documentalistes Hospitaliers qui se sont déroulées les 18 et 19 septembre 2008 à Nantes sous un soleil magnifique. Le programme paraissait très intéressant, hélas le contenu était loin d'être à la hauteur malgré une bonne organisation. Je n'ai pas d'explications par rapport à ce décalage. La première conférence sur l'enjeu de la communication pour les services documentaires n'avait rien de transcendant, l'intervention était à mon avis trop longue, les exemples assez mal choisis, les diapositives curieusement étaient plutôt mal conçues, problèmes typographiques, esthétique discutable. Bref, il y avait dans la réalisation quelque chose qui contrastait nettement avec le propos de la conférence. La deuxième conférence sur l'e-book était bien menée, tellement bien menée qu'on a pu se demander l'espace d'un instant si l'on ne comptait pas sur les documentalistes pour promouvoir l'objet e-book, alors que l'on est encore loin d'avoir des contenus e-book en médecine, en soins infirmiers et en langue française. Si le but était que les documentalistes se transforment en VRP des sociétés fabriquant des e-book, alors il aurait été agréable d'un trouver un dans la mallette du congressiste. Il y a eu ensuite 4 ateliers organisés en même temps, n'ayant pas le don d'ubiquité il m'est difficile de dire si le terme d'atelier était véritablement approprié pour les 4 sessions. Pour ce qui concerne celui auquel j'ai assisté, l'atelier du Dr Philippe Eveillard, cela ne ressemblait pas vraiment à un atelier, quelques diapositives, au demeurant très claires sur la veille en médecine et santé publique, mais une présentation très allégée, probablement voulue par l'auteur pour des raisons que l'on peut imaginer mais qui m'échappent un peu. Bref, je pense que certains d'entre-nous sont restés sur leur faim. La dernière conférence, le lendemain, était la plus intéressante par les questions qu'elle soulevait et concernait la veille de terrain, internet et la pratique professionnelle telle que pratiquée à la Bibliothèque Médicale A.F. Lemanissier.

Pour ma part, je n'ai pas assisté à la dernière demi-journée consacrée plutôt à la vie de l'association du RNDH, comptes-rendus des groupes de travail, expériences de documentalistes hospitaliers, questions diverses. Les absents ont toujours torts, cela m'évitera, pour une fois, d'être critique. Sur la question sensible du statut des documentalistes hospitaliers, la présidente du RNDH Armelle Martin a indiqué que "la reconnaissance de la catégorie A au niveau de la fonction publique hospitalière n'avait pas progressé" et a observé "qu'il était anormal que de nombreux documentalistes hospitaliers soient en catégorie C" (voir aussi la dépêches de l'APM Agence Presse Médicale du 19/09/2008). On ne peut que confirmer, et pour moi c'est le signe d'une gestion défaillante des compétences dans les hôpitaux français qui affecte particulièrement le secteur administratif et technique (cf. la tribune ouverte que nous avons rédigé dans le numéro de septembre 2008 d'Archimag). Toujours sur le sujet du documentaliste hospitalier, je ne partage pas l'avis de la vice-présidente du RNDH lorsqu'elle semble dire (dans une déclaration à Hospimédia du 18/09/2008) que l'un des problèmes du métier de documentaliste hospitalier pourrait venir de la confusion entre le métier de bibliothécaire et celui de documentaliste. Pour ma part c'est une distinction assez formelle et qui n'a plus lieu d'être à notre époque et dans le contexte de l'hôpital. Je ne crois pas que les directions des hôpitaux font le choix de confondre les fonctions de bibliothécaires et de documentalistes dans le but de réduire les effectifs, je pense plutôt qu'elles n'ont pas vraiment d'idées sur ce que peut représenter ce métier à l'hôpital en terme de gains pour l'organisation. On peut regretter, d'après ce que j'ai pu entendre, que le groupe de travail sur le statut de documentaliste hospitalier n'envisage comme action que le partage de "tuyaux" concernant des recrutements en catégorie B ou A. Autrement dit, comment avez-vous fait pour être recruté en catégorie A ? Que Fallait-il faire pour réussir ? Etes-vous adeptes de la P... logie ? Alors que des actions plus pertinentes auraient pu être menées cette année, année probablement de la parution de la deuxième édition (après celle de 2004) du Répertoire des métiers de la Fonction publique hospitalière où il y a une fiche assez vague sur le métier de documentaliste qu'il faudrait certainement revoir. Des actions ont-elles été menées auprès du ministère et de la DHOS pour faire reconnaître le métier précisément cette année où il devait y avoir une grande réflexion sur les métiers à l'hôpital ? Je n'ai pas de réponses, mais peut-être aurais-je dû assister à la dernière demi-journée... fatale, sous le soleil exactement.

lundi 15 septembre 2008

Mais que font les bibliothécaires médicaux, documentalistes hospitaliers, etc. en matière d'éducation thérapeutique du patient ?

Un bref dossier publié aujourd'hui dans Hospimédia (accès réservé sur abonnement) fait référence à un rapport récemment rendu public et à un article de loi sur l'Education thérapeutique du patient. Force est de constater une fois de plus que les bibliothécaires, documentalistes médicaux, hospitaliers sont absents du débat et ne sont même pas cités dans le rapport (suite à une recherche rapide des termes "documentaliste", "bibliothécaire" dans le fichier PDF). Dois-je encore noter, au risque de paraître lourd et de me répéter, qu'il existe une fonction spécifique, celle de "consumer health librarian" chez beaucoup de nos collègues étrangers, fonction qui pourrait être très utile dans le cadre de ce dispositif. On se rend compte, là encore, à quelques jours de l'ouverture des 21èmes Journées du Réseau National des Documentalistes Hospitaliers (RNDH), alors que le thème cette année est "Documentaliste hospitalier demain", des "limites" (à la fois pour des raisons internes et externes qu'il faudrait analyser) de notre réseau dans la promotion et la valorisation de ce métier. Certes "demain" n'est pas aujourd'hui, mais une petite recherche sur le mot "documentaliste' dans les anciennes dépêches de l'Agence Presse Médicale (APM) pour ceux qui y ont accès permet de mesurer toute la portée du mot "demain"...

vendredi 12 septembre 2008

Chercher, soigner, former peut-être ?

Cela fait maintenant une petite quinzaine de jours que le numéro du magazine Le Point consacré au Palmarès des hôpitaux 2008 est paru, et il est curieux de constater que l'hôpital Necker, qui pourtant figurait à la première place (avec d'autres établissements de Paris V) du classement du Journal Les Echos par rapport à la recherche, se retrouve avant dernier, soit à la 49ème place du classement du Point quant aux soins. Il y a là une certaine surprise, d'autant que Philippe Even auteur du rapport "Faillite et carence de la recherche médicale universitaire" (cf. mon précédent message) insistait sur le lien "soins-recherche", je cite :

"la prise en charge des maladies graves, rares ou émergentes, et surtout les multipathologies si fréquentes aujourd'hui à cause du vieillissement de la population, ne sont optimales que là où la recherche est étroitement associée aux soins."

Avec le recul cela est assez ironique, mais peut-être que l'hôpital Necker ne traite pas les maladies auxquelles il est fait référence dans cette citation. A vérifier...

Nous n'attendons plus qu'un prochain classement des facultés de médecine françaises pour avoir une vision cohérente et globale ;-) de la recherche, du soin et de l'enseignement médical dans notre pays.

mercredi 30 juillet 2008

Source HLS-List : article sur le contenu des blogues écrits par des professionels de santé

Prépublication d'un article consacré au contenu des blogues écrits par des professionnels de santé :

"Content of Weblogs Written by Health Professionals" de Tara Lagu, Elinore J. Kaufman, David A. Asch and Katrina Armstrong, dans le Journal of General Internal Medicine. (Accès réservé).

Abstract :

Background Medical weblogs (“blogs”) have emerged as a new connection between health professionals and the public. Objective - To examine the scope and content of medical blogs and approximate how often blog authors commented about patients, violated patient privacy, or displayed a lack of professionalism. (...) Conclusions - Blogs are a growing part of the public face of the health professions. They offer physicians and nurses the opportunity to share their narratives. They also risk revealing confidential information or, in their tone or content, risk reflecting poorly on the blog authors and their professions. The health professions should assume some responsibility for helping authors and readers negotiate these challenges.

Avec l'émergence des blogues de professionnels de santé en France, les mêmes interrogations se poseront. On pourra utilement consulter sur le sujet des blogues médicaux les articles de Philippe Eveillard consacrés aux blogues médicaux sur le site www.egora.fr (accès réservé), en particulier :

"Les blogs médicaux - De l'intime au professionnel" dans le Concours médical du 20 mars 2008

"Blogs médicaux : veille, vécu et contestation" dans la Revue du praticien : médecine générale du 20 mai 2008

mardi 29 juillet 2008

Sigaps, toujours...

Heureuse coïncidence (au regard de l'article du journal Les Echos qui avait déjà fait l'objet d'un message dans ce blogue), nous trouvons, ce mois de juillet, dans le numéro 64-65 de Technologie & santé (T & S) consacré à la recherche et l'innovation à l'hôpital, un article de Patrick Devos "Le logiciel Sigaps : de la bibliométrie au financement". Le sous-titre ne laisse pas de doute, aujourd'hui, dans les hôpitaux, tout ou presque est ramené au financement. L'article est bien documenté, même si précisément la problématique du lien avec le financement y est peu développée. Il est intéressant de mettre en écho cet article avec celui des Echos, et au-delà avec le rapport de M. Even car sur la question des classements des CHU, par exemple, même si celui de T & S est hors Paris, il y a quelques différences et il faudrait assurément entrer davantage dans le détail.

La conclusion de l'article met l'accent sur le bilan "plus qu'honorable" que Sigaps aura permis de faire sur la recherche hospitalo-universitaire française. Sigaps devant être "la première étape vers la mise en place d'un véritable système d'information recherche", en quelque sorte un SIRE, que l'on n'espère pas triste, à côté des SIH (Systèmes d'information hospitaliers).

Pour terminer, une petite citation que l'on voudra bien me pardonner en cette fin de mois juillet, en attendant les vacances dans une quinzaine de jours :

Evaluation sans réforme n'est que bruine de larmes.

jeudi 17 juillet 2008

Cochrane, de retour en France ?

On apprend dans une dépêche du 15 juillet de l'APM (Agence Presse Médicale) qu'il y aura parmi les six centres interdisciplinaires de recherche et d'expertise créés au sein de l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), un centre dédié à "la santé fondée sur les preuves" qui aura le soutien de de la Haute autorité de santé dont la vocation sera de devenir un centre Cochrane. "Ce type de centres n'existant pas pour le moment en France alors qu'ils sont très développés dans les pays anglo-saxons", souligne la dépêche. Le directeur de l'école, Antoine Flahault, qui a son blogue, a exprimé le souhait que notre pays adopte le "réflexe de santé fondée sur les preuves". Les choses seraient-elles en train de changer ? Attention toutefois à ne pas confondre le domaine de la santé fondée sur les preuves et celui de la médecine fondée sur les niveaux de preuves (evidence-based medicine).

mercredi 16 juillet 2008

Sigapsons gaiement !

Fallait-il donc créer le verbe "sigapser" pour évoquer le très récent rapport dénonçant la "faillite" de la recherche dans bon nombre de CHU français ?

Un article daté du 15 juillet 2008 du journal Les Echos mentionne l'existence d'un rapport encore inédit révélant des "inégalités criantes entre les 32 centres hospitalo-universitaires français". L'article en texte intégral est accessible à cette adresse :

http://www.lesechos.fr/info/metiers/4751673-ces-chu-qui-ont-abandonne-la-recherche.htm

N'ayant pas encore connaissance du rapport, je ne peux me baser que sur le contenu de l'article. L'étude porterait sur 40 000 publications des années 2000 à 2006 dans 2 000 journaux internationaux. Quels outils, quelle méthodologie ont été utilisés pour cette étude, difficile de le savoir, et ce n'est pas l'encart intitulé pompeusement "Méthodologie" qui nous le dit. La notion de "groupes" (A, B, C, D) rappelle les premiers groupes SIGAPS, mais cette fois-ci non pas appliqués aux revues, mais aux CHU. Tout ceci est bien entendu lié. SIGAPS, pour mémoire, Système d’Interrogation, de Gestion et d’Analyse des Publications Scientifiques, "a pour objectif d’aider au recensement et à l’analyse des publications scientifiques référencées Medline, pour un établissement ayant des activités de recherche médicale" donc par définition les CHU. Je ne sais pas si SIGAPS a été utilisé dans le cadre de cette étude, si ça n'a pas été le cas, il serait intéressant de comparer les deux modes d'approche sur ces questions d'évaluation bibliométrique de la recherche. Mais qui s'occupe véritablement de ces questions ; des statisticiens, des informaticiens, des personnels des directions de la recherche clinique, des bibliothécaires médicaux ? Penser un peu plus souvent à solliciter ces derniers ne serait peut-être pas une mauvaise idée, surtout si l'on se reporte à la conférence du dernier congrès EAHIL, que j'avais jugé, dans l'un de mes précédents messages comme un brillant exercice de style, mais qui a aussi le mérite de mettre l'accent sur la façon, parfois peu précise, dont des bases comme PubMed/Medline gèrent les adresses des établissements, les noms des chercheurs et, par conséquent, l'affiliation, le rattachement des auteurs d'une publication à une institution. Toutefois, je le concède, cela ne joue qu'à la marge, mais il y a bien d'autres sujets de réflexion que l'on pourrait avoir sur ces questions de bibliométrie. Il est amusant de noter également que "ces CHU qui ont abandonné la recherche" sont aussi, et je ne fais aucune distinction dans le classement, ceux qui ont abandonné, c'est-à-dire à mon avis tous à divers degrés, la fonction "support" à la recherche que devrait pouvoir assurer tout bibliothécaire médical ou documentaliste hospitalier dans un CHU. Ceci devrait avoir d'autant plus d'écho si l'on devait comparer la situation française à celle des CHU des autres pays, il suffit pour cela de se reporter aux conférences des dernières années de l'European Association for Health Information and Libraries et on aura quelques éléments de réponse. Dans le même ordre d'idées, l'encart intitulé "la constance et l'efficacité britanniques" est éloquent, comme le passage qui suit, où, en matière de recherche, je cite :

"la moyenne nationale est plombée par des CHU « à la dérive » négligeant la recherche médicale plus par défaut d'ambition que par manque de moyens. « En France, le rapport entre les meilleurs et les moins bons est proche de un à cent. Dans aucun autre pays on rencontre de tels écarts », remarque Philippe Even. En Angleterre, les champions locaux sont bien évidemment implantés dans les grandes institutions historiques proches de Londres (...) ces institutions ne sont que deux à trois fois plus performantes que les facultés moins huppées de Newcastle, Glasgow ou Dundee, qui sont donc loin de démériter. La même cohérence se retrouve en Allemagne et aux Etats-Unis, où les petites facultés de médecine ne sont pas écrasées par les grandes."

En résumé, n'oublions pas les fonctions "support" et la documentation en fait partie, et il n'est pas dit que cela ne joue pas un rôle au niveau des écarts (à étudier). Terminons quand même par une note positive, il est reconnu de tous que nous avons en France le meilleur système de santé du monde, les meilleurs chercheurs, les meilleurs médecins, etc. ;-) mais pour combien de temps encore ? Car, au final, l'article ne manque pas de signaler des "retards thérapeutiques" inéluctables, l'abandon de la recherche ayant nécessairement un impact sur les soins :

"L'impact de cette faillite collective est gigantesque. Elle se traduit par une incontestable perte de chance pour les malades soignés par des praticiens ignorant les dernières techniques ou les molécules de nouvelle génération."

Avis semble-t-il partagé par le médecin Philippe Even lorsqu'il affirme que "la prise en charge des maladies graves, rares ou émergentes, et surtout les multipathologies si fréquentes aujourd'hui à cause du vieillissement de la population, ne sont optimales que là où la recherche est étroitement associée aux soins."

Pour ce qui me concerne, je partage entièrement l'avis de Philippe Even lorsqu'il dit, par rapport à cet abandon de la recherche et au manque de publications : "L'argent n'est pas essentiel. C'est l'état d'esprit des médecins et des administrations hospitalières qui est en cause". Dis-moi quel centre de documentation hospitalier tu as, je te dirai... pourrait-on ajouter, et pourtant, si l'on regarde le classement des CHU français, ce n'est pas tout à fait ça, y aurait-il un bug ? Bien évidemment, lorsque l'on pourra lire le rapport, on trouvera d'autres explications à ce classement. Le rapport note également la "façon scandaleuse" dont sont recrutés les universitaires et évoque le "simulacre" de validation du Conseil national des universités (CNU), déjà épinglé dans un article du journal Le Monde il y a quelques mois où l'on apprenait, si je me souviens bien, le recrutement d'un maitre de conférences pour une section langue dont le candidat reçu ne connaissait même pas la langue qu'il devait enseigner, probablement ce candidat avait-il dû donner sa langue au chat... Philippe Even souligne par ailleurs "la médiocre qualité de la formation scientifique", on pourrait même dire "intellectuelle" des médecins. Des sujets sur lesquels j'aurai certainement l'occasion de revenir.

mercredi 9 juillet 2008

Un outil d'aide à la décision d'un établissement hospitalier... pour le futur patient

La nouvelle n'aura échappée à personne et surtout pas aux documentalistes hospitaliers, la société d'assurance Swiss Life propose désormais un service sur le Web devant "aider" leur clientèle à choisir le lieux de leur future hospitalisation en fonction d'un certain nombre de critères qualitatifs dont "la spécialité, l'acte chirurgical ou la pathologie" aux dires de l'assureur. "Guidhospi", tel est le nom de ce service, devrait tendre à l'exhaustivité, mais permettra-t-il vraiment de s'orienter dans la masse des établissements hospitaliers ? Les données proviendraient de l'Agence technique de l'information sur l'hospitalisation et ce service devrait être accessible sur le site internet www.carteblanchesante.com.

Les résultas de cette "consultation" virtuelle, "Miroir, mon beau miroir, dis-moi quel est le meilleur établissement hospitalier..." se présenteront sous la forme d'un tableau classé, et les établissement auront une note. Sur le fond, pourquoi pas, il est indispensable qu'une culture de l'évaluation, surtout dans le domaine de la santé existe, mais le système reste assez opaque et les informations mériteraient d'être croisées avec un certain nombre d'autres informations que beaucoup n'imaginent peut-être même pas ; d'où, je vais encore me répéter, le rôle important du bibliothécaire médical dans son action de médiation avec le patient. Même si les résultats, établis par la société Santé Value, conduisant au classement de l'établissement sont "en fonction d'éléments totalement objectifs" comme l'affirme l'assureur, des éléments tout aussi importants ne sont peut-être pas pris en compte ; quant à l'objectivité, vaste question... philosophique.

Alors que les médecins français ne sont déjà pas vraiment favorables à l'utilisation d'outils d'aide à la décision clinique, le citoyen, le patient "lambda" (disposant assurément de connaissances moindre en médecine et en santé publique), lui, se verrait proposer un outil d'aide à la décision assez peu transparent pour l'assister dans sa recherche d'un établissement médical : paradoxe français ? La nature, comme on le sait, ayant horreur du vide ; en l'absence en France de véritables "consumer health librarians", de telles initiatives, mais qui ne sont pas qu'hexagonale, ne manqueront pas d'avoir du succès. C'est pour cela aussi que de tels sites mériteraient d'être fortement évalués par des documentalistes et bibliothécaires médicaux, mais l'accès semble réservé aux seuls assurés de cette société, ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose pour les autres...

lundi 7 juillet 2008

Les textes, les diapositives des conférences et les posters de EAHIL 2008 sont en ligne

Vous pouvez retrouver les textes des conférences, les présentations powerpoint et les posters à cette adresse :

https://wiki.helsinki.fi/display/EAHILScientificProgramme/Home

Pour tous ceux qui ne sont pas abonnés à la liste de diffusion de EAHIL ou Bibliosanté.

jeudi 3 juillet 2008

EAHIL 2008 : ce que j'ai retenu, et ce qui reste encore peu clair pour moi

Le thème cette année développé à Helsinki lors de la 11 ème conférence des bibliothèques en santé et médecine a été : "vers un nouvel espace informationnel - innovations et rénovations". Cela fut à la fois un moment instructif, enrichissant, agréable, et aussi des moments d'ennuis, de solitude et de déprime dès lors que l'on met en rapport ce qui se fait ailleurs et sa propre situation locale dans un contexte souvent appauvri, celui des centres hospitaliers français, y compris universitaires, de province.

Ce que j'ai retenu, en dehors des nuits claires de Helsinki, c'est la présence souvent de conférences basées sur des expériences locales, des projets d'envergure nationale en information en santé/médecine de pays plus ou moins voisins, plus ou moins lointains, des recadrages souvent nécessaires sur le Web 2.0 et l'engouement pour ces outils, à relativiser. J'ai bien aimé, parmi les premières interventions, celle d'Anne Brice "Work with uncertainity..." "Travailler dans/avec l'incertitude..." j'ai d'ailleurs du mal à traduire, je regrette simplement que des aspects philosophiques liés à la question de la certitude dans le domaine médical n'aient été abordés, sans doute en raison de ma déformation professionnelle. Les conférences de la session sur l'information en santé publique et le fait de pouvoir mesurer l'implication des collègues documentalistes européens dans ce domaine n'étaient pas sans intérêt tant le secteur est négligé en France, malgré une Haute Autorité de Santé Publique "toute puissante" et souvent bien impuissante quant à sa capacité à mobiliser les ressources humaines et les compétences des documentalistes des établissements de santé en France par rapport aux problématiques soulevées lors de cette session. En dehors de cela, j'ai retenu peu de choses des deux premières journées excepté peut-être que mes homologues ne semblent pas eux aussi savoir comment se situer face aux chercheurs, aux médecins... un problème récurrent, des explications qui pourraient être décapantes. La deuxième journée s'est achevée pour moi avec la visite de la bibliothèque nationale ; entrer aujourd'hui dans une bibliothèque me donne toujours la nausée, j'y ai passé probablement trop de temps, beaucoup trop, durant mes études, mais je dois dire que les trois bibliothécaires qui nous l'ont fait visiter ont été remarquables par la clarté et la richesse de leurs explications.

Les deux dernières journées ont été pour moi plus intéressantes avec des interventions centrées sur les espaces virtuels, la façon des les marketer ("marqueter" ?) avec, en particulier, la présentation d'Oliver Obst. Nous avons eu également une conférence de Nicolas Fairon sur la façon dont les utilisateurs formulent leurs questions de recherche, sujet d'autant plus intéressant qu'en France je me demande s'il reste encore beaucoup de documentalistes médicaux qui font des recherches dans Pubmed, surtout dans le secteur hospitalier, où ce genre de tâche est dévolue plutôt aux secrétaires médicales ou sont faites directement par les médecins eux-mêmes. J'ai assisté aussi à une présentation impressionnante et quelque peu écrasante de FeedNavigator (devrais-je plutôt dire FeedAlligator ?), mais les frenchies du CISMeF n'ont pas à rougir, en tout cas beaucoup moins que l'équipe de France de football lors du dernier Euro... Il y a eu d'autres interventions sur les communautés virtuelles de travail et leur impact sur les services de renseignements (auxquelles je n'ai cependant pas assisté) préférant l'une des sessions liée à l'evidence-based practice avec deux interventions captivantes, l'une sur HealthInsite et l'autre sur Embase.com en comparaison avec Medline. Toutefois, pour cette dernière présentation qui a reçu une récompense, je n'ai pas vraiment compris le sens de celle-ci et elle reste davantage pour moi un brillant exercice de style, ce qui tendrait à prouver que l'on peut aussi être documentaliste médical par le "style", l'aveu répété et tout à fait compréhensible de l'intervenante affirmant avoir pris beaucoup de plaisir à réaliser cette étude comparée tendrait à confirmer cette analyse.

La journée s'est terminée par un dîner de Gala dans un lieu imprononçable (Kalastajatorppa), à la nourriture immangeable et au vacarme insupportable, une retraite au bord de l'eau en compagnie des canards et des oies s'imposait, de même qu'une discussion en fin de soirée sur les folksnomies, que demande le peuple ? et surtout quel moyen habile de le mettre gratuitement à contribution...

La dernière demie-journée était encore sur les nouvelles technologies et le Web 2.0. Health 2.0 et Library 2.0 semblent être la revanche des documentalistes médicaux, voire des documentalistes tout court, sur les informaticiens dont ils ont été pendant longtemps dépendants. Le manque de recul et de mise en perspective par rapport à de tels outils pourrait avoir des conséquences négatives et détourner un certain nombre de documentalistes de questions plus essentielles. Je crains que le paramétrage parfois très sophistiqué et "time consuming" de ces outils finissent par s'apparenter au fameux "ranger des livres sur des étagères", "paramétrer du netvibes ou autres widgets et barre d'outils"... Et pourtant beaucoup de conférences tournaient autour des usages du Web 2.0, à Helsinki comme l'an dernier à Cracovie, et probablement l'année prochaine à Dublin. Heureusement que l'excellente intervention de Giovanna F. Miranda sur le Web 2.0 aura permis de remettre un peu les choses dans une perspective critique, même si cela n'a été fait que sur le bout des lèvres, tant le sujet de l'usage excessif dans nos métiers du Web 2.0 peut sembler tabou. Il a manqué de mon point de vue à ces conférences une réflexion critique sur nos pratiques, plus que sur notre rôle, sur notre véritable sens. Quel est le sens de nos métiers, c'est cela que j'aimerais voir un jour aborder.

Je passe sur l'assemblée générale et la vie de l'association, tout le monde connaît mon côté antidémocratique, préférant toujours Sparte à Athènes ;-)

Je reviendrai prochainement sur les posters, et aussi peut-être sur quelques interventions à l'occasion de la mise en ligne des présentations sur le site de EAHIL.

vendredi 25 avril 2008

Nouvelles du réseau des documentalistes hospitaliers français

Après avoir longtemps été réservé, pour les rubriques principales, aux adhérents, le site du Réseau National des Documentalistes Hospitaliers (RNDH) s'ouvre quelque peu. Certaines rubriques sont désormais accessibles à tous, en particulier la Feuille du RNDH rassemblant les nouvelles du réseau.

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