On était loin d'imaginer qu'au Canada, pays assez vertueux et transparent quant à l'usage qu'il est fait de l'argent public, on aurait ce type de "comportement". Quelques séjours de notre classe dirigeante française et de certaines de nos élites chez nos cousins auront semble-t-il suffi ;-) Ainsi en témoigne le dernier éditorial de la revue CMAJ de la "Canadian Medical Association" intitulé :

"Examen par les pairs ou lobby politique? Le choix est clair" de Paul C. Hébert.

CMAJ • May 8, 2007; 176 (10) doi:10.1503/cmaj.070529.

En voici quelques extraits :

"Le Canada cherche depuis longtemps à éviter de s'enliser dans de tels bourbiers politiques en laissant les décisions sur le financement des activités scientifiques à des organismes indépendants comme les Instituts de recherche en santé du Canada. Même si ces organismes sont imparfaits, comme l'a conclu récemment un groupe d'examen international au sujet de la structure, des fonctions et des processus des Instituts de recherche en santé du Canada, l'engagement des Instituts envers l'examen par les pairs est exemplaire. En fait, même s'il consomme énormément de main-d'œuvre et est un peu lent, l'examen par les pairs demeure le meilleur de tous les moyens possibles parce qu'il essaie de parvenir à une décision rationnelle en suivant un processus équitable, ouvert et transparent".

"Au lieu de bâtir sur cette tradition, des mesures comme les 15 millions de dollars distribués aux sept instituts annoncent une nouvelle ère du lobbying scientifique. Sans examen par les pairs, il est impossible de justifier de tels déboursés, aussi valables chaque institut puisse-t-il être. Le gouvernement aurait plutôt dû affecter l'argent aux Instituts de recherche en santé du Canada, dont le budget de base de 737 millions de dollars a augmenté d'à peine 5 %, ou 37 millions. Comparativement à ce qui se passe à l'étranger, nous dépensons 22 % seulement du montant par habitant que les National Institutes of Health des États-Unis consacrent à la recherche."

Le texte intégral est librement accessible ici. A méditer...