La lecture critique d'article... Enfin !
Par Gilbert le mercredi 20 juin 2007, à 20:05 - Documentation médicale - Lien permanent
En premier lieu, je voulais dire un grand merci à Michaël pour avoir pris le
relais en matière de veille en documentation médicale dans cette période un peu
difficile pour moi. En deuxième lieu, je souhaitais réagir aux deux messages
postés récemment et qui, pour moi, sont liés. C'est pour cela que je répondrai
dans un seul message et non pas sous la forme de commentaires.
Par rapport au premier message intitulé "Rapport du Conseil national de l'ordre des médecins sur la réforme de la sélection en première année", ma première remarque est que l'on commence à admettre l'importance de la philosophie dans la sélection des futurs médecins ; il ne reste plus qu'à reconnaître l'« utilité » de la philosophie dans la formation initiale, voire la formation continue des médecins, alors le babouin philosophe sera comblé. Il est évident, avec le retour probable de l'épreuve de lecture critique d'article aux ECN, qu'un enseignement en philosophie serait plus qu'utile, mais pas n'importe quelle philosophie, celle précisément qui traite des questions de raisonnement et d'analyse. On pourrait éventuellement y rajouter l'éthique. Réformer en partie les études de médecine est de l'avis de beaucoup indispensable, c'est aussi dans ce mouvement que devrait s'inscrire la lecture critique d'articles. Par rapport au deuxième message intitulé "La lecture critique d'article sera intégrée aux ECN en 2008", je voulais souligner que la présence de l'épreuve de LCA aux ECN a probablement aussi été motivée par une analyse « critique » de la situation, en particulier au regard à ce qui se passe à l'étranger, même si l'on reconnaît que nous avons en France d'excellents médecins. Dans la rubrique « Le grand gâchis » et qui n'est pas sans rapport avec la LCA, on pourrait ajouter "Le documentaliste médical : « Le grand gâchis »", il me semble, en effet, tout aussi indispensable que la profession de documentaliste médical et hospitalier se professionnalise en se spécialisant. Dans le cadre des objectifs poursuivis avec la lecture critique d'articles médicaux, il n'est pas déraisonnable de penser que des professionnels de la documentation médicale bien formés puissent participer aux enseignements. Ainsi, au lieu d'occuper les BU de certaines Facultés de Médecine comme on peut le lire dans les forums de carabins en ce moment, les étudiants seraient mieux inspirés en exigeant d'avoir de vrais professionnels spécialisés en documentation médicale qu'ils pourraient efficacement utiliser non seulement dans le cadre de leurs études, mais aussi après. Par rapport à la profession de bibliothécaire médical, le retard de notre pays est préoccupant, le problème est, comme trop souvent en France, que nos hiérarchies et nos tutelles ne savent absolument pas utiliser les compétences qu'ils ont pour ainsi dire "sous la main", d'ailleurs savent-ils même identifier ces compétences ?
A présent, si je voulais faire un peu le babouin babouin, car on aime bien doubler le nom dans notre espèce (comme papio papio) je dirai qu'on a eu droit récemment dans la liste Bibliosanté à un échange intéressant avec un médecin probablement très concerné par la documentation médicale et par la lecture critique d'article qui a attribué un texte d'une page Web à quelqu'un d'autre, ce qui a fait réagir l'un des membres de l'équipe ayant effectivement rédigée le texte. C'est aussi pour cela que l'on ne peut pas uniquement et absolument faire confiance aux professeurs de médecine quant à la préparation à l'épreuve de LCA ;-) C'était un peu d'humour et l'anecdote est vérifiable.
Par rapport au premier message intitulé "Rapport du Conseil national de l'ordre des médecins sur la réforme de la sélection en première année", ma première remarque est que l'on commence à admettre l'importance de la philosophie dans la sélection des futurs médecins ; il ne reste plus qu'à reconnaître l'« utilité » de la philosophie dans la formation initiale, voire la formation continue des médecins, alors le babouin philosophe sera comblé. Il est évident, avec le retour probable de l'épreuve de lecture critique d'article aux ECN, qu'un enseignement en philosophie serait plus qu'utile, mais pas n'importe quelle philosophie, celle précisément qui traite des questions de raisonnement et d'analyse. On pourrait éventuellement y rajouter l'éthique. Réformer en partie les études de médecine est de l'avis de beaucoup indispensable, c'est aussi dans ce mouvement que devrait s'inscrire la lecture critique d'articles. Par rapport au deuxième message intitulé "La lecture critique d'article sera intégrée aux ECN en 2008", je voulais souligner que la présence de l'épreuve de LCA aux ECN a probablement aussi été motivée par une analyse « critique » de la situation, en particulier au regard à ce qui se passe à l'étranger, même si l'on reconnaît que nous avons en France d'excellents médecins. Dans la rubrique « Le grand gâchis » et qui n'est pas sans rapport avec la LCA, on pourrait ajouter "Le documentaliste médical : « Le grand gâchis »", il me semble, en effet, tout aussi indispensable que la profession de documentaliste médical et hospitalier se professionnalise en se spécialisant. Dans le cadre des objectifs poursuivis avec la lecture critique d'articles médicaux, il n'est pas déraisonnable de penser que des professionnels de la documentation médicale bien formés puissent participer aux enseignements. Ainsi, au lieu d'occuper les BU de certaines Facultés de Médecine comme on peut le lire dans les forums de carabins en ce moment, les étudiants seraient mieux inspirés en exigeant d'avoir de vrais professionnels spécialisés en documentation médicale qu'ils pourraient efficacement utiliser non seulement dans le cadre de leurs études, mais aussi après. Par rapport à la profession de bibliothécaire médical, le retard de notre pays est préoccupant, le problème est, comme trop souvent en France, que nos hiérarchies et nos tutelles ne savent absolument pas utiliser les compétences qu'ils ont pour ainsi dire "sous la main", d'ailleurs savent-ils même identifier ces compétences ?
A présent, si je voulais faire un peu le babouin babouin, car on aime bien doubler le nom dans notre espèce (comme papio papio) je dirai qu'on a eu droit récemment dans la liste Bibliosanté à un échange intéressant avec un médecin probablement très concerné par la documentation médicale et par la lecture critique d'article qui a attribué un texte d'une page Web à quelqu'un d'autre, ce qui a fait réagir l'un des membres de l'équipe ayant effectivement rédigée le texte. C'est aussi pour cela que l'on ne peut pas uniquement et absolument faire confiance aux professeurs de médecine quant à la préparation à l'épreuve de LCA ;-) C'était un peu d'humour et l'anecdote est vérifiable.
Commentaires
La LCA c koi:
d profs non formés à l'enseignement,
1 enseignement d'une dizaine d'heure à d centaines selon les facs!Les ECN se préparent en 3ans doc impossible d'imaginer de corriger cette différence en moins d'un an!!!
La correction sera aléatoire et faussera les ECN pour lesquelles on travaille tant et ki détermiera notre vie!
Cette année, des étudiants de l'école de médecine sont venus participer à une de nous UE de Master de bio (un mélange de viro/bactério/parasito), et étaient évalués sur une LCA (une semaine de préparation & 30 minutes de passage). Ca avait l'air de les souler au plus haut point.
Ceci dit, c'est peut-être l'occasion pour les équipes pédagogiques de travailler ensemble, dans la mesure de la dispo des enseignants (et d'abandonner l'idée selon laquelle, si un étudiant de médecine peut suivre un cours de fac de bio, l'inverse n'est pas possible).
Développer l'esprit critique, ce n'est pas un mal, loin de la…
Bref, un +1 pour ton blog, qui squatte mon agrégateur depuis un bout de temps…
Force est de constater que l'épreuve de LCA "agite" en ce moment le milieu des étudiants en médecine, dommage qu'elle ne fasse pas "cogiter" davantage (les latinistes comprendront ;-) ). Le rapport Fagniez a été rendu public il y a peu, d'ailleurs il serait intéressant d'avoir une "lecture critique" de ce rapport, encore faudrait-il pour cela que tout le monde ait bien compris ce que signifie "critique". Ainsi, pour répondre à Orgazmo qui s'inquiète à propos de professeurs, et donc de correcteurs, non formés à cet enseignement, il pourrait être intéressant de mettre en quelque sorte ces enseignants à l'épreuve, en leur demandant par exemple à chacun d'entre eux d'effectuer cette épreuve en nous donnant une "lecture critique" du rapport Fagniez et en répondant à la question suivante : Qu'est-ce que critiquer ? J'aimerais bien que quelqu'un conçoive une épreuve de LCA basée sur ce rapport et que les enseignants de LCA se prêtent au jeu, cela pourrait, j'en suis persuadé, faire évoluer la réflexion.
Par ailleurs, comme le souligne également Orgazmo, et je suis effectivement d'accord, il y a des "variations" sur cet enseignement entre les différentes facultés, mais est-ce une raison pour repousser encore les échéances, voire enterrer définitivement l'épreuve de LCA à l'ECN ? Pour ma part, je considère que le maintien de cette épreuve est essentiel pour diverses raisons, je m'étais d'ailleurs déjà exprimé sur ce sujet dans ce message. A présent, il faut voir en pratique comment elle sera notée et je suis persuadé qu'elle sera notée avec la plus grande rigueur possible et la plus grande objectivité. Il faudra probablement une période de "réglage" comme pour toute nouvelle épreuve et les moyens doivent exister pour "corriger" d'éventuelles "aberrations". L'épreuve de LCA participe à l'effort nécessaire pour faire évoluer l'enseignement en médecine, et c'est un plus, une réforme jugée importante en particulier pour la sélection initiale des futurs médecins (cf. l'article du NouvelObs qui a fait l'objet d'un message de mon collègue Michaël).
En ce qui concerne le commentaire de Timothée, il est intéressant de savoir comment a été perçue l'UE de Master de Bio par les étudiants en médecine et leur évaluation sur une LCA. Une chose est sûre, la "fertilisation croisée" des savoirs, de tous les savoirs, est à notre époque plus que nécessaire. Quant aux enseignements en sciences humaines et sociales dans les formations médicales, l'idée fait son chemin outre-Atlantique, mais pas vraiment chez nous. Je serais curieux de savoir si de tels enseignements soûleraient autant, voire plus, les étudiants en médecine, mais ce n'est pas certain ;-) en outre, ils permettraient peut-être de donner davantage de sens à cette épreuve de lecture critique et aideraient probablement le médecin dans sa pratique future.
contrairement à ce que tu peux penser thimothée on sait ce qu'est l'esprit critique, et la LCA aux ECN ne sera en aucun cas un moyen pour les médecins d'être moins imbus d'eux-même et + respectueux des autres si c'est ce que tu sous-entends dans ton commentaire.
On est pour la LCA à nos exams, mais contre aux ECN car sa préparation n'est pas équitable entre les facs, et que sa correction sera aléatoire faussant ainsi les résultats des ECN pour lesquels on bossent tant pendant 3ans, alors: NON au loto pour choisir ma futur spécialité et la ville dans laquelle je vais l'apprendre.
PS: je ne pense pas que tu maîtrises le sujet.
>Orgazmo
Je ne pense pas que vous n'ayez aucun esprit critique. Comme partout, il y en a qui l'ont, d'autres pas. Par contre, j'ai pu voir qu'une grosse partie des étudiants en médecine avaient d'eux-même une vision assez élevée, d'ou notre déception face à leur niveau (objectivement) plus faible que celui des étudiants en bio, sur cette UE.
La n'est pas la question. La préparation n'est pas équitable entre les facs, ni en médecine ni ailleurs. Il suffit de bien choisir sa fac au début, ou d'être très bon pour aller ou on veut par la suite.
Pour ton PS, j'ai du mal à voir de quoi tu parles. Si tu parles des études de médecine, j'en ai une connaissance approximative certes, mais je me tiens au courant. Si tu parles de la lecture d'articles, alors tu te trompes. Lire des articles avec un oeil critique fait "partie du job" en bio, ou du moins c'est comme ca que je le vis.
>Gilbert
Il y a eu de la lassitude dans les deux groupes. Nous d'êtres soudain 50 dans une salle, au lieu des 6 à 10 étudiants habituels, eux de se retrouver avec la piétaille de la fac de sciences (ce que certains nous ont fait comprendre dès le premier jour). Ceci dit, ceux qui ont ouvert le dialogue avaient un point de vue nécessairement différent sur les sujets abordés, et des échanges plutôt riches ont eu lieu. Notamment autour de leur épreuve de lecture d'article.
Pour réagir à ta remarque sur l'enseignement des SH en sciences "dures": j'ai participé à une UE d'économie/sociologie (axée dév. durable) cette année. Bilan : 4 étudiants au total. On se sent vraiment seuls.