Le débat sur l'autonomie des universités et leur conséquence sur les facultés de médecine, évoqué dans le précédent message, se poursuit.

En date du 03 juillet, l'article de plusieurs personnalités, présidents d’université et  personnalités dans le domaine de la santé, comme Bernard Debré et Axel Kahn et  intitulé "La médecine n'est pas une discipline à part - les facultés de médecine ne doivent pas craindre la proximité avec les autres sciences. Au contraire"

Pour répondre aux inquiétudes exprimées par beaucoup de doyens de facultés de médecine, certains des arguments sont défendables.
Par exemple,
"Notre analyse est différente : la médecine a autant besoin de réformes que les autres disciplines. Ses performances dans le classement de Shanghaï sur la recherche sont plus mauvaises que celles d'autres disciplines. Elles ne pourront s'améliorer que si la médecine reste très ancrée dans l'université. Les meilleures facultés de médecine dans tous les classements internationaux sont situées dans les universités multidisciplinaires"
ou encore,
"Comment se passer de l'expertise des sciences humaines et sociales alors que la maladie affecte l'être humain et retentit sur l'organisation de la société ? Comment imaginer des progrès dans la compréhension des maladies sans l'aide des enseignants et chercheurs des facultés de sciences biologiques ?" (le premier aspect en rapport avec le message de l'autre babouin Les sciences humaines appliquées à la médecine : une discipline en devenir).

En revanche, cet article omet complètement un aspect (absence terriblement révélatrice) : l'hôpital. L'hôpital, l'activité de soins pratiquée par les étudiants, internes et professeurs n'y sont pas du tout évoqués. Avant de produire des prix nobels on attend surtout des facultés de médecine qu'elles forment des médecins pour traiter des malades. Alors, certes, l'article 32 reconnaissant une certaine exception médicale n'est pas supprimé. C'est la moindre des choses!  Il me semble que les auteurs de cet article n'ont pas compris que les facultés de médecine ne refusent ni le contact avec d'autres disciplines ni l'émulation (dans beaucoup d'universités multidisciplinaires les facultés de médecine sont souvent les plus innovantes en termes d'organisation et de pédagogie). C'est plutôt que leur contact étroit avec les Centres hospitaliers ne soit distendu (notamment pour la question des postes) et que la spécificité évidente des études médicales ne soit pas toujours reconnue par les présidents d'université.