La nouvelle n'aura échappée à personne et surtout pas aux documentalistes hospitaliers, la société d'assurance Swiss Life propose désormais un service sur le Web devant "aider" leur clientèle à choisir le lieux de leur future hospitalisation en fonction d'un certain nombre de critères qualitatifs dont "la spécialité, l'acte chirurgical ou la pathologie" aux dires de l'assureur. "Guidhospi", tel est le nom de ce service, devrait tendre à l'exhaustivité, mais permettra-t-il vraiment de s'orienter dans la masse des établissements hospitaliers ? Les données proviendraient de l'Agence technique de l'information sur l'hospitalisation et ce service devrait être accessible sur le site internet www.carteblanchesante.com.

Les résultas de cette "consultation" virtuelle, "Miroir, mon beau miroir, dis-moi quel est le meilleur établissement hospitalier..." se présenteront sous la forme d'un tableau classé, et les établissement auront une note. Sur le fond, pourquoi pas, il est indispensable qu'une culture de l'évaluation, surtout dans le domaine de la santé existe, mais le système reste assez opaque et les informations mériteraient d'être croisées avec un certain nombre d'autres informations que beaucoup n'imaginent peut-être même pas ; d'où, je vais encore me répéter, le rôle important du bibliothécaire médical dans son action de médiation avec le patient. Même si les résultats, établis par la société Santé Value, conduisant au classement de l'établissement sont "en fonction d'éléments totalement objectifs" comme l'affirme l'assureur, des éléments tout aussi importants ne sont peut-être pas pris en compte ; quant à l'objectivité, vaste question... philosophique.

Alors que les médecins français ne sont déjà pas vraiment favorables à l'utilisation d'outils d'aide à la décision clinique, le citoyen, le patient "lambda" (disposant assurément de connaissances moindre en médecine et en santé publique), lui, se verrait proposer un outil d'aide à la décision assez peu transparent pour l'assister dans sa recherche d'un établissement médical : paradoxe français ? La nature, comme on le sait, ayant horreur du vide ; en l'absence en France de véritables "consumer health librarians", de telles initiatives, mais qui ne sont pas qu'hexagonale, ne manqueront pas d'avoir du succès. C'est pour cela aussi que de tels sites mériteraient d'être fortement évalués par des documentalistes et bibliothécaires médicaux, mais l'accès semble réservé aux seuls assurés de cette société, ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose pour les autres...