Article du BBF sur "La consultation de périodiques numériques en bibliothèque universitaire : état des lieux"
Par Gilbert le jeudi 4 septembre 2008, à 15:54 - Evaluation-Stats - Lien permanent
Avec un peu de retard, merci à Michaël de m'avoir signalé l'article, il
s'agit d'un texte issu du n°3 du BBF de 2008 consacré principalement aux
statistiques de consultation des périodiques numériques en bibliothèque
universitaire :
http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/pdf/bbf-2008-3/bbf-2008-03-0048-006.pdf
Intéressant, sans plus. On y reviendra, car la problématique est complexe et ce
qui importe est toujours le côté pratique. Des stats, oui, lesquelles et pour
quoi faire ?
Commentaires
Je serais même plus critique que Gilbert ("Intéressant, sans plus"), car je trouve que leur analyse contient quelques erreurs :
p. 50 encart : Consultation de périodiques électroniques ? Définition
"Notre définition comprend toutes les opérations de navigation et de téléchargements effectuées durant une session par un usager. Cela comprend donc l'ensemble des actions menées dès le moment où l'usager entame une requête pour accéder à la page du périodique (début d'une session), sa navigation durant la session, jusqu'au moment de sa déconnexion, c'est-à-dire la fin de la session."
La navigation n'est pas UNE action mais une succession d'actions :
D'où une définition plutôt vague...
p. 53 Conséquences de la concentration du marché sur la consultation nationale
"Elsevier propose un portefeuille de plus de 2 000 périodiques scientifiques, une masse critique qui n'est pas étrangère à ce phénomène de concentration"
Double erreur d'analyse :
- Entre 2001 et 2005 (période de leur analyse) Elsevier ne proposait pas plus de 2000 titres !
du moins pas dans le bouquet négocié. (éternelle confusion entre offre de
la plate-forme SD et le bouquet négocié accessible via SD !!)
- Autre erreur - moins importante - tous les titres n'ont pas le même statut.
2000 titres, ce n'est pas 2000 titres en cours !!
Il y a les titres en cours, et parmi les titres arrêtés, il y a ceux qui sont arrêtés par cessation, et ceux par changement de titre, qui ne devrait pas réellement entrer dans le nombre de titres !!
p. 55 fig. 11 Nombre moyen de consultations de périodiques électroniques par chercheur et par dominante
Comment compte-t-on les "chercheurs" ?
Est-ce enseignants + enseignants-chercheurs + doctorants ?
p. 56 Consultation du portail de l'établissement
"Les signets pour leur part occupent une faible place dans les pratiques du public."
Peut être tout simplement parce que même si les signets sont dans un portail, il ne font pas l'objet d'une comptabilisation au moment du clic !
"Il apparaît également que l'accès aux documents, à savoir leur consultation par le biais du portail de l'établissement"
Si document = article en ligne, ce concept n'est applicable que pour ceux qui analysent les logs d'un proxy, car l'accès aux "documents" se fait au niveau de la plateforme d'un prestataire, et non au niveau d'un portail.
p. 56 fig. 13 Répartition des coûts par type de produit et par dominante.
Le distingo "banques de données documentaires" et "bouquets de revues" n'est pas toujours aussi simple puisque des bdd intègrent aussi le texte intégral de bouquets de revues !
Exemple : PAO, BSP, et autres bases de droit
p. 57 fig. 15 Analyse croisée coût (euros) ? consultation (nombre de téléchargements en texte intégral) pour 2005
Leur "définition" à ce niveau - de la consultation ( = nombre de téléchargements en texte intégral) est en opposition avec celle donnée au départ dans l'encart (p. 50).
Du coup, dans la suite, on ne sait plus à quoi on a affaire !
Merci Dominique pour tes pertinentes remarques. J'avais, dans un premier temps, survolé l'article. "Intéressant", d'ailleurs, pour Wittgenstein, est le type même de mot qui ne veut rien dire, pauvre en sens... Ton commentaire m'a amené à regarder de plus près l'article. Premièrement, certaines erreurs dont tu parles sont assez courantes et on les constate souvent lors de discussions (y compris locales) sur les statistiques d'usage des périodiques électroniques, il n'est donc pas étonnant (et ce n'est pas une excuse) de les trouver dans un article traitant du sujet.
Le manque de scientificité qui semble être "dénoncé" en filigrane de l'article se retrouve hélas dans l'article lui-même. On ne connaît pas, par exemple, l'origine des chiffres des diagrammes, on sait seulement (cf. note 10 p. 52) qu'ils sont "fournis par l'éditeur", et l'éditeur a-t-il inclus les chiffres d'un CHU qui bénéficie d'un accès aux périodiques électroniques au titre d'une convention Couperin par exemple ? et ces chiffres ont-ils été corrigés ? On peut en douter. On lit, en effet, page 50 : "une autre des spécificités est liée au fait que les centres hospitaliers universitaires (CHU) ne sont pas pris en compte, ce qui revient à dire que la consultation des ressources électroniques qui s'y effectue ne l'est pas non plus. Ceci nous a amenées à manipuler les données des enquêtes nationales avec précaution et à en écarter certaines, lorsqu'elles ne nous paraissaient pas fiables". D'où ma question, quels chiffres ont été retenus, de quelles enquêtes proviennent-ils ? On ne le sait pas vraiment.
il ya INIST et la BNF!
Il faut que, comme aux USA, tous les chercheurs aient accès a tous les périodiques en ligne! Cest smple, ca couterait 26 million d'euros par an à l'état, soi 103 euros par chercheurs, et vous ferez doubler l'efficacité des chercheurs! Du nerf!
Foncer
a quoi bon philosopher des années et des années sur cette question? A quoi bon une telle prosaïque inutile? Foncer que diable! Nous en France sommes à la masse , à l'age de pierre dans l'abonnement des périodiques. C'est honteux de votre part de philosopher la dessus, et sans intérêt. Le problème est simple à résoudre, car il existe déja tout ce qu'il faut en France: BNF - inist
Faites comme aux USA et en UK! Que les directeurs d'universités et d'école d'ingénieur s'entendent via des consortium pour faire ne sorte que TOUS LES chercheurs puissent avoi accès
@Béatrice
Avec 26 millions d'euros par an les besoins documentaires des chercheurs ne seraient de toutes façons pas couverts. Les éditeurs commerciaux reçoivent d'ores et déjà des sommes considérables des institutions publiques françaises. Il faudrait aussi que les chercheurs, les directeurs de laboratoires, les présidents d'universités et les bibliothécaires privilégient aussi l'accès libre au résultat de leurs recherches...
Mais apparemment, pour des raisons directes, ils préfèrent ne pas s'engager dans cette voie là. Les babouins ne sont pas les seuls à s'épouiller....
Philosophie : analyse ou méditation sur des concepts.
Les philosophes du 18 ème font cruellement défaut au 21 ème siècle, car perles rares !
Les scientfiques du 18 ème avaient un rapport très étroit avec la philosophie
Isaac Newton entre autres qui échangeait en tout bien tout honneur des correspondances avec d'autres "philoscientis" (contraction de philosophes et scientifiques) sur ses travaux
Autre siècle, autres meurses...
Concernant vos chifffres 26 M €/1O3 € : le rapport est 252427
252427 chercheurs ? CHU+CNRS+INRA+Inserm ? Quelle est ou quelles sont vos sources?
Je ne pense pas que l'efficacité d'un chercheur soit proportionnelle au nombre de ressources numériques qu'apporte une bibliothèque universitaire.
Beaucoup de bibliothèques universitaires offrent un nombre considérable de ressources numériques avec les "éditeurs commerciaux" (€l$€vi€r,Wiley-Blackwell, Springer,...)
En considérant que l'efficacité d'un chercheur est associée à l'évaluation d'un chercheur, nous entrons dans les domaines de la bibliométrie et de la scientométrie, domaines ayant des outils,des indicateurs révélant une "photographie" à un insant T les travaux des chercheurs en terme de publication.
Je ne fais pas allusion au facteur d'impact (Impact Factor) d'une revue, par rapport auquel beaucoup de chercheurs "idolâtrent" les revues dans lesquelles ils publient
Bibliométrie : évaluation des chercheurs, et non d'une revue.
Pour rester dans le registre Evaluation/Chercheurs/Universités/CNRS/Inserm/Valérie Pécresse,une levée de boucliers a lieu depuis quelques semaines dans plusieurs villes de France : curieux.
Je pense à une citation de Mark Twain : "Lorsque vous dites la vérité, vous n'avez à vous souvenir de rien"
Par rapport à cette réforme,tout se passe comme si les chercheurs français ne disaient pas la vérité
L'efficacité de la recherche française sera plus visible quand le nombrilisme français aura cessé :
Le piètre exemple de la polémique franco-américaine (j'ai bien écrit franco-américaine, et non l'inverse) de 4 ans (1983-1987) sur la découverte et l'isolation du virus du SIDA (Luc Montagnier, Institut Pasteur et Robert Gallo, National Institutes of Health)
Pour mémoire, le différent se règle au niveau politique le 4 décembre 1987 lors d'une rencontre entre le président américain Ronald Reagan et le premier ministre français de l'époque Jacques Chirac. Un accord est signé où la paternité de la découverte est attribuée à parts égales entre les États-Unis et la France. Les redevances associées sont aux États-Unis partagées entre les instituts, alors qu'en Europe elles reviennent intégralement à l'Institut Pasteur.
En terme de propagation, ces 4 ans ont représenté 4 années lumières pour les africains, premier continent frappé par cette pathologie.
Réflexe franco-français ? Repli identitaire ? Remake de "La Fayette,nous voilà!" ?
22 ans après, la communauté scientifique française a encore beaucoup à apprendre en terme d'humilité par rapport à la communauté scientifique américaine.
Cela renvoit aux pères fondateurs(nourris des œuvres des philosophes du siècle des Lumières) de la constitution américaine établie en 1787, dont le préambule commence par : "Nous, peuple des Etats-Unis"
A la même époque en France, le roi parlait à la troisième personne...
Bien à vous