XXI èmes Journées du RNDH, "Nihil novi sub sole"
Par Gilbert le mardi 7 octobre 2008, à 15:28 - Documentation médicale - Lien permanent
Un petit mot sur les dernières (oui, peut-être les dernières pour moi)
journées du Réseau National des Documentalistes Hospitaliers qui se sont
déroulées les 18 et 19 septembre 2008 à Nantes sous un soleil magnifique. Le
programme paraissait très intéressant, hélas le contenu était loin d'être à la
hauteur malgré une bonne organisation. Je n'ai pas d'explications par rapport à
ce décalage. La première conférence sur l'enjeu de la communication pour les
services documentaires n'avait rien de transcendant, l'intervention était à mon
avis trop longue, les exemples assez mal choisis, les diapositives curieusement
étaient plutôt mal conçues, problèmes typographiques, esthétique discutable.
Bref, il y avait dans la réalisation quelque chose qui contrastait nettement
avec le propos de la conférence. La deuxième conférence sur l'e-book était bien
menée, tellement bien menée qu'on a pu se demander l'espace d'un instant si
l'on ne comptait pas sur les documentalistes pour promouvoir l'objet e-book,
alors que l'on est encore loin d'avoir des contenus e-book en médecine, en
soins infirmiers et en langue française. Si le but était que les
documentalistes se transforment en VRP des sociétés fabriquant des e-book,
alors il aurait été agréable d'un trouver un dans la mallette du congressiste.
Il y a eu ensuite 4 ateliers organisés en même temps, n'ayant pas le don
d'ubiquité il m'est difficile de dire si le terme d'atelier était véritablement
approprié pour les 4 sessions. Pour ce qui concerne celui auquel j'ai assisté,
l'atelier du Dr Philippe Eveillard, cela ne ressemblait pas vraiment à un
atelier, quelques diapositives, au demeurant très claires sur la veille en
médecine et santé publique, mais une présentation très allégée, probablement
voulue par l'auteur pour des raisons que l'on peut imaginer mais qui
m'échappent un peu. Bref, je pense que certains d'entre-nous sont restés sur
leur faim. La dernière conférence, le lendemain, était la plus intéressante par
les questions qu'elle soulevait et concernait la veille de terrain, internet et
la pratique professionnelle telle que pratiquée à la Bibliothèque Médicale A.F.
Lemanissier.
Pour ma part, je n'ai pas assisté à la dernière demi-journée consacrée plutôt à
la vie de l'association du RNDH, comptes-rendus des groupes de travail,
expériences de documentalistes hospitaliers, questions diverses. Les absents
ont toujours torts, cela m'évitera, pour une fois, d'être critique. Sur la
question sensible du statut des documentalistes hospitaliers, la présidente du
RNDH Armelle Martin a indiqué que "la reconnaissance de la catégorie A au
niveau de la fonction publique hospitalière n'avait pas progressé" et a observé
"qu'il était anormal que de nombreux documentalistes hospitaliers soient en
catégorie C" (voir aussi la dépêches de l'APM Agence Presse Médicale du
19/09/2008). On ne peut que confirmer, et pour moi c'est le signe d'une gestion
défaillante des compétences dans les hôpitaux français qui affecte
particulièrement le secteur administratif et technique (cf. la tribune ouverte
que nous avons rédigé dans le numéro de septembre 2008 d'Archimag). Toujours
sur le sujet du documentaliste hospitalier, je ne partage pas l'avis de la
vice-présidente du RNDH lorsqu'elle semble dire (dans une déclaration à
Hospimédia du 18/09/2008) que l'un des problèmes du métier de documentaliste
hospitalier pourrait venir de la confusion entre le métier de bibliothécaire et
celui de documentaliste. Pour ma part c'est une distinction assez formelle et
qui n'a plus lieu d'être à notre époque et dans le contexte de l'hôpital. Je ne
crois pas que les directions des hôpitaux font le choix de confondre les
fonctions de bibliothécaires et de documentalistes dans le but de réduire les
effectifs, je pense plutôt qu'elles n'ont pas vraiment d'idées sur ce que peut
représenter ce métier à l'hôpital en terme de gains pour l'organisation. On
peut regretter, d'après ce que j'ai pu entendre, que le groupe de travail sur
le statut de documentaliste hospitalier n'envisage comme action que le partage
de "tuyaux" concernant des recrutements en catégorie B ou A. Autrement dit,
comment avez-vous fait pour être recruté en catégorie A ? Que Fallait-il
faire pour réussir ? Etes-vous adeptes de la P... logie ? Alors que
des actions plus pertinentes auraient pu être menées cette année, année
probablement de la parution de la deuxième édition (après celle de 2004) du
Répertoire des métiers de la Fonction publique hospitalière où il y a une fiche
assez vague sur le métier de documentaliste qu'il faudrait certainement revoir.
Des actions ont-elles été menées auprès du ministère et de la DHOS pour faire
reconnaître le métier précisément cette année où il devait y avoir une grande
réflexion sur les métiers à l'hôpital ? Je n'ai pas de réponses, mais
peut-être aurais-je dû assister à la dernière demi-journée... fatale, sous le
soleil exactement.
Commentaires
Je crois qu'un atelier sur la veille documentaire se fait avec 10 à 15 participants.
Quand une cinquantaine de personnes sont prévues, il faut se résoudre à présenter plutôt qu'à animer.
Quand un médecin a l'habitude de s'adresser à des médecins dans les journaux médicaux et dans les séminaires sur la veille qu'il anime (aux Hospices civils de Lyon), il est moins performant et moins "pertinent" quand son auditoire est composé de documentalistes hospitaliers.
Cela étant, dans la presse médicale, je reste un des rares journalistes à évoquer (le plus souvent possible) les mérites des documentalistes et bibliothécaires hospitaliers et universitaires.
Je ne savais pas qu'il avait été demandé une transposition, pour ces journées, de votre séminaire de veille aux Hospices civils de Lyon (HCL). Effectivement les publics sont différents et les attentes aussi. Je m'en suis rendu compte après, en consultant le site slideshare et en regardant votre présentation pour les HCL qui me semblait à quelques diapositives près être identique à celle de ces journées. Cela dit "allégée" n'est pas pour moi une critique négative, tant on connaît les succès des produits allégés dans les rayons de nos supermarchés et l'on peut maintenant comprendre pourquoi l'on peut rester sur sa faim ;-)
En tous cas, il est sympathique de votre part de soutenir les documentalistes du secteur santé/médecine dans la presse médicale, je crois que personne ne doute de cela dans la profession moi y compris, tant on peut aisément mesurer le vide.
Je te remercie pour tes précisions, on ne se méfie jamais assez des journalistes. J'en ai fait aussi l'expérience avec l'article que j'avais adressé à Archimag à leur demande. Mon article a été modifié, certes avec des retouches qu'on pourrait considérer comme minimes, suppression de certains mots visant à modérer ou à relativiser le propos, suppression des guillemets, suppression de l'italique sur certains termes, suppression des points-virgules (eh oui, je tiens particulièrement à l'usage du point-virgule). Si bien que j'avais envie de poster les deux articles, l'original et celui d'Archimag dans le blogue avec pour intitulé du message "le jeu des 7 erreurs et plus", mais je me suis dit que cela n'en valait pas la peine.
Pour ce qui concerne Hospimédia, j'ai été contacté par une de leur journaliste, via le blogue, pour être interviewé sur les journées du RNDH, mais je n'ai pas donné suite, car n'étant pas au CA j'ai estimé que je n'avais pas à m'exprimer au nom de l'association. En ce qui concerne Hospimédia, on se rend compte sur une information relativement mineure (celle concernant les journées du RNDH) qu'il semblerait y avoir eu une déformation de tes propos ; que penser alors des autres informations relayées par Hospimédia ? Je me souviens, il n'y a pas si longtemps, dans notre liste de diffusion du RNDH, qu'à propos d'une discussion sur comment choisir entre l'APM et Hospimédia, il avait été dit qu'Hospimédia se présentait comme une "centre de documentation virtuel" ce qui avait semblé laissé l'une des documentalistes très perplexe, à juste titre, je pense. Cela dit, nos directeurs semblent préférer Hospimédia à l'APM (Agence Presse Médicale), probablement parce que l'information est pré-mâchée et probablement aussi mal digérée par les uns et par les autres... Qu'est-ce qu'il ne faut pas avaler ;-)