Un petit mot sur les dernières (oui, peut-être les dernières pour moi) journées du Réseau National des Documentalistes Hospitaliers qui se sont déroulées les 18 et 19 septembre 2008 à Nantes sous un soleil magnifique. Le programme paraissait très intéressant, hélas le contenu était loin d'être à la hauteur malgré une bonne organisation. Je n'ai pas d'explications par rapport à ce décalage. La première conférence sur l'enjeu de la communication pour les services documentaires n'avait rien de transcendant, l'intervention était à mon avis trop longue, les exemples assez mal choisis, les diapositives curieusement étaient plutôt mal conçues, problèmes typographiques, esthétique discutable. Bref, il y avait dans la réalisation quelque chose qui contrastait nettement avec le propos de la conférence. La deuxième conférence sur l'e-book était bien menée, tellement bien menée qu'on a pu se demander l'espace d'un instant si l'on ne comptait pas sur les documentalistes pour promouvoir l'objet e-book, alors que l'on est encore loin d'avoir des contenus e-book en médecine, en soins infirmiers et en langue française. Si le but était que les documentalistes se transforment en VRP des sociétés fabriquant des e-book, alors il aurait été agréable d'un trouver un dans la mallette du congressiste. Il y a eu ensuite 4 ateliers organisés en même temps, n'ayant pas le don d'ubiquité il m'est difficile de dire si le terme d'atelier était véritablement approprié pour les 4 sessions. Pour ce qui concerne celui auquel j'ai assisté, l'atelier du Dr Philippe Eveillard, cela ne ressemblait pas vraiment à un atelier, quelques diapositives, au demeurant très claires sur la veille en médecine et santé publique, mais une présentation très allégée, probablement voulue par l'auteur pour des raisons que l'on peut imaginer mais qui m'échappent un peu. Bref, je pense que certains d'entre-nous sont restés sur leur faim. La dernière conférence, le lendemain, était la plus intéressante par les questions qu'elle soulevait et concernait la veille de terrain, internet et la pratique professionnelle telle que pratiquée à la Bibliothèque Médicale A.F. Lemanissier.

Pour ma part, je n'ai pas assisté à la dernière demi-journée consacrée plutôt à la vie de l'association du RNDH, comptes-rendus des groupes de travail, expériences de documentalistes hospitaliers, questions diverses. Les absents ont toujours torts, cela m'évitera, pour une fois, d'être critique. Sur la question sensible du statut des documentalistes hospitaliers, la présidente du RNDH Armelle Martin a indiqué que "la reconnaissance de la catégorie A au niveau de la fonction publique hospitalière n'avait pas progressé" et a observé "qu'il était anormal que de nombreux documentalistes hospitaliers soient en catégorie C" (voir aussi la dépêches de l'APM Agence Presse Médicale du 19/09/2008). On ne peut que confirmer, et pour moi c'est le signe d'une gestion défaillante des compétences dans les hôpitaux français qui affecte particulièrement le secteur administratif et technique (cf. la tribune ouverte que nous avons rédigé dans le numéro de septembre 2008 d'Archimag). Toujours sur le sujet du documentaliste hospitalier, je ne partage pas l'avis de la vice-présidente du RNDH lorsqu'elle semble dire (dans une déclaration à Hospimédia du 18/09/2008) que l'un des problèmes du métier de documentaliste hospitalier pourrait venir de la confusion entre le métier de bibliothécaire et celui de documentaliste. Pour ma part c'est une distinction assez formelle et qui n'a plus lieu d'être à notre époque et dans le contexte de l'hôpital. Je ne crois pas que les directions des hôpitaux font le choix de confondre les fonctions de bibliothécaires et de documentalistes dans le but de réduire les effectifs, je pense plutôt qu'elles n'ont pas vraiment d'idées sur ce que peut représenter ce métier à l'hôpital en terme de gains pour l'organisation. On peut regretter, d'après ce que j'ai pu entendre, que le groupe de travail sur le statut de documentaliste hospitalier n'envisage comme action que le partage de "tuyaux" concernant des recrutements en catégorie B ou A. Autrement dit, comment avez-vous fait pour être recruté en catégorie A ? Que Fallait-il faire pour réussir ? Etes-vous adeptes de la P... logie ? Alors que des actions plus pertinentes auraient pu être menées cette année, année probablement de la parution de la deuxième édition (après celle de 2004) du Répertoire des métiers de la Fonction publique hospitalière où il y a une fiche assez vague sur le métier de documentaliste qu'il faudrait certainement revoir. Des actions ont-elles été menées auprès du ministère et de la DHOS pour faire reconnaître le métier précisément cette année où il devait y avoir une grande réflexion sur les métiers à l'hôpital ? Je n'ai pas de réponses, mais peut-être aurais-je dû assister à la dernière demi-journée... fatale, sous le soleil exactement.